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«L'enfant partit avec l'ange et le chien suivit derrière. Cette phrase convient merveilleusement à François d'Assise. On sait de lui peu de choses et c'est tant mieux. Ce qu'on sait de quelqu'un empêche de le connaître. Ce qu'on en dit, en croyant savoir ce qu'on dit, rend difficile de le voir. On dit par exemple : Saint-François-d'Assise. On le dit en somnambule, sans sortir du sommeil de la langue. On ne dit pas, on laisse dire. On laisse les mots venir, ils viennent dans un ordre qui n'est pas le nôtre, qui est l'ordre du mensonge, de la mort, de la vie en société. Très peu de vraies paroles s'échangent chaque jour, vraiment très peu. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler. Peut-être n'ouvre-t-on un livre que pour enfin commencer à entendre. L'enfant partit avec l'ange et le chien suivit derrière.» Christian Bobin.
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Le très-bas, Christian Bobin
- Langue
- Année de publication
- 1992
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- (souple)
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- Titre
- Le très-bas
- Langue
- Français
- Auteurs
- Christian Bobin
- Éditeur
- Editions Gallimard
- Publié
- 1992
- Format
- souple
- ISBN10
- 2070727157
- ISBN13
- 9782070727155
- Séries
- Mots clés
- Nonfiction, Sciences sociales, Esotérisme & Religion, Thèmes religieux, Thématique philosophique, Religion, Philosophie, Spiritualité et spiritualisme, Thèmes chrétiens, Christianisme, France, Littérature française, Saints et saintes, Saint François d'Assise, 1182–1226
- Première publication
- 1992
- Titre original
- Le trés-bas
- Évaluation
- 3,8 sur 5
- Description
- «L'enfant partit avec l'ange et le chien suivit derrière. Cette phrase convient merveilleusement à François d'Assise. On sait de lui peu de choses et c'est tant mieux. Ce qu'on sait de quelqu'un empêche de le connaître. Ce qu'on en dit, en croyant savoir ce qu'on dit, rend difficile de le voir. On dit par exemple : Saint-François-d'Assise. On le dit en somnambule, sans sortir du sommeil de la langue. On ne dit pas, on laisse dire. On laisse les mots venir, ils viennent dans un ordre qui n'est pas le nôtre, qui est l'ordre du mensonge, de la mort, de la vie en société. Très peu de vraies paroles s'échangent chaque jour, vraiment très peu. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler. Peut-être n'ouvre-t-on un livre que pour enfin commencer à entendre. L'enfant partit avec l'ange et le chien suivit derrière.» Christian Bobin.




