Friedrich Nietzsche était un philosophe allemand qui a remis en question les fondements du christianisme et de la morale traditionnelle. Son œuvre s'est concentrée sur l'amélioration de la santé individuelle et culturelle, en mettant l'accent sur la vie, la créativité, le pouvoir et les réalités du monde que nous habitons. L'idée centrale de sa philosophie est « l'affirmation de la vie », qui implique un questionnement honnête de toutes les doctrines qui épuisent les énergies vitales expansives, aussi prédominantes soient-elles socialement. La philosophie revitalisante de Nietzsche a inspiré des figures de proue dans tous les domaines culturels.
Tome ILa Naissance de la tragédieConsidérations inactuellesHumain, trop humainLe Voyageur et son ombreAuroreTome IILe Gai SavoirAinsi parlait ZarathoustraPar-delà bien et malGénéalogie de la moraleLe Cas WagnerLe Crépuscule des idolesL'AntéchristEcce HomoNietzsche contre Wagner
À chaque phase de ce livre, la gravité et l'enjouement se donnent tendrement la main, comme le souligne Nietzsche dans le Gai Savoir, qui ouvre ce second volume de ses œuvres. Ce texte célèbre la "grande santé" de l'intellect, qui se moque des valeurs considérées comme "bonnes, intangibles, divines", en particulier la morale, perçue comme un refuge pour les rêveurs. Les thèmes de la compassion, de l'abnégation et de l'amour indifférencié du prochain sont ainsi remis en question. Ces idées, reprises de manière lyrique dans Ainsi parlait Zarathoustra, continueront d'occuper la pensée de Nietzsche jusqu'à ses derniers écrits, où il cherche à inverser toutes les valeurs. Ce volume reprend le texte révisé par Jacques Le Rider et Jean Lacoste, basé sur les premières traductions françaises de Nietzsche. Les textes sont accompagnés de notices et de notes adaptées de l'édition allemande des Oeuvres de Peter Pütz. Une préface de Philippe Raynaud situe Nietzsche dans la tradition philosophique, tandis qu'une postface de Georges Liébert examine ses relations passionnées avec la musique. Enfin, un index des noms et des notions, établi par Jacques Le Rider et Jean Lacoste, est inclus, étant le premier de ce type à paraître en France.
Interroger le fanatisme de la vérité qui gouverne la philosophie, reconnaître la vie seule pour source de toute valeur, l'indépendance pour la vertu suprême du philosophe, et rechercher une réconciliation inédite de l'art et de la science : tel est pour Nietzsche le sens du gai savoir, de l' " idée provençale de 'gaya scienza', cette unité du troubadour, du chevalier et de l'esprit libre par laquelle cette magnifique culture ancienne des Provençaux se distingue de toutes les cultures équivoques. " Unité de l'amor fati et de la philosophie de Dionysos, le gai savoir est la philosophie du oui à la vie, engendrée par la reconnaissance et l'acquiescement, qui culmine dans la pensée de l'éternel retour, présentée ici pour la première fois. Le Gai savoir, publié en 1882, réédité et augmenté en 1887, constitue donc le prélude de Ainsi parlait Zarathoustra. " Je mets au rang des choses que je n'oublierai pas le fait qu'on m'a envoyé pour ce livre du " gai saber " plus de félicitations que pour tous les autres réunis. "
" Peut-être le temps est-il très proche où l'on s'avisera que la pierre angulaire des édifices sublimes et inconditionnés que les philosophes dogmatiques se sont plus à élever n'était au fond que superstition populaire venue d'un temps immémorial (comme la superstition de l'âme qui, devenue superstition du sujet et du moi, ne cesse aujourd'hui encore d'engendrer des méfaits), quelconque jeu de mots peut-être, suggestion aberrante de la grammaire, ou encore généralisation téméraire de quelques faits limités, très personnels, d'un caractère très humain, trop humain. Il semble que pour se graver, avec leurs exigences éternelles dans le cœur de l'humanité, toutes les grandes choses doivent d'abord errer à travers le monde sous la forme de masques monstrueux et effrayants ; l'un de ces masques fut la philosophie dogmatique, par exemple, l'invention platonicienne de l'esprit pur et du Bien en soi. Mais à présent qu'on en est venu à bout, que l'Europe respire et sort de ce cauchemar et qu'il lui est permis de jouir au moins ... d'un sommeil plus sain, nous, dont la tâche même est de veiller, avons hérité toute l'énergie qu'a grandement disciplinée le combat contre cette erreur ".
Il est temps, il est grand temps. L'heure a sonné. L'heure de la grande connaissance, celle de la vérité révélée voilà déjà plus d'un siècle par le supérieur inconnu Friedrich Nietzsche. Inconnu, car sa philosophie suppose son expérimentation : " En comprendre six phrases, c'est-à-dire les avoir vécues, élève le mortel à un échelon supérieur à celui que des hommes "modernes" pourraient atteindre ", peut-on lire dans Ecce homo ; et force est de constater que, de nos jours, ce n'est pas la hauteur qui donne le vertige. Mais il est temps. Nietzsche nous avait prévenus. Il ne sera lu et compris qu'à l'aube du troisième millénaire. Dieu est mort. Libre à nous de devenir surhumains. Qui veut devenir surhumain ? Qui veut apprendre à maîtriser son éclair ? Les citations de Nietzsche réunies dans ce guide sont tirées de son œuvre complète et constituent de véritables tables des lois des Hyperboréens. La foudre surhumaine est entre vos mains... Que vive le Surhomme !
" A première vue, ce problème de la valeur de la pitié et de la morale de la pitié semble n'être qu'une question isolée, un point d'interrogation à part ; mais à celui qui s'arrêtera ici, qui apprendra à interroger ici, il arrivera ce qui m'est arrivé : une perspective nouvelle et immense s'ouvrira devant lui, la foi en la morale, en toute morale s'en trouvera ébranlée- enfin une nouvelle exigence se fera entendre. Nous avons besoin d'une critique des valeurs morales, il faut commencer par mettre en question la valeur même de ces valeurs, et cela suppose une connaissance telle qu'il n'en a pas existé jusqu'à présent et telle qu'on ne l'a même pas souhaitée. "
Extrait : Nous aurons fait un grand pas en ce qui concerne la science esthétique, quand nous en serons arrivés non seulement à l’induction logique, mais encore à la certitude immédiate de cette pensée : que l’évolution progressive de l’art est le résultat du double caractère de l’esprit apollinien et de l’esprit dionysien, de la même manière que la dualité des sexes engendre la vie au milieu de luttes perpétuelles et par des rapprochements seulement périodiques. Ces noms, nous les empruntons aux Grecs qui ont rendu intelligible au penseur le sens occulte et profond de leur conception de l’art, non pas au moyen de notions, mais à l’aide des figures nettement significatives du monde de leurs dieux. C’est à leurs deux divinités des arts, Apollon et Dionysos, que se rattache notre conscience de l’extraordinaire antagonisme, tant d’origine que de fins, qui exista dans le monde grec entre l’art plastique apollinien et l’art dénué de formes, la musique, l’art de Dionysos...