Lydie Salvayre Ordre des livres (chronologique)
L'écriture de Lydie Salvayre explore les complexités de l'identité et de la mémoire, puisant souvent dans l'histoire et les récits personnels. Son style littéraire se caractérise par une introspection pénétrante et une capacité à tisser des expériences individuelles dans des préoccupations sociétales plus larges. En tant que psychiatre en exercice, elle apporte à son œuvre une perspective unique sur la psyché humaine et ses vulnérabilités. Ses romans explorent la tension entre le passé et le présent, cherchant des moyens de traiter l'héritage des traumatismes.






Irréfutable essai de successologie
- 176pages
- 7 heures de lecture
Comment intriguer, abuser, écraser, challenger ? Comment mentir sans le paraître ? Comment obtenir la faveur des puissants et leur passer discrètement la pommade ? Comment évincer les rivaux, embobiner les foules, enfumer les naïfs, amadouer les rogues, écraser les méchants et rabattre leur morgue ? Comment se servir, mine de rien, de ses meilleurs amis ? Par quels savants stratagèmes, par quelles souplesses d’anguille, par quelles supercheries et quels roucoulements gagner la renommée et devenir objet d’adulation ?Car se distinguer du reste des humains, être quelqu’un, quelque chose, apparaître au JT de 20 h, avoir sa photo dans le journal, rêver de devenir une star, convoiter les honneurs et les applaudissements, bref désirer briller aux yeux du plus grand nombre constitue la passion la plus archaïque et la plus universelle qui soit en ce bas monde.
Rêver debout
- 192pages
- 7 heures de lecture
Une femme d'aujourd'hui interpelle Cervantes, génial inventeur de Don Quichotte, dans une suite de quinze lettres. Tour à tour ironique, cinglante, cocasse, tendre, elle dresse l'inventaire de ce que le célèbre écrivain espagnol a fait subir de mésaventures à son héros pourfendeur de moulins à vent. Convoquant ainsi l'auteur de toute une époque pour mieux parler de la nôtre, l'autrice de "Pas pleurer" brosse le portrait de l'homme révolté par excellence, animé par le désir farouche d'agrandir une réalité étroite et inique aux dimensions de son rêve de justice.
Osons la fraternité ! Les écrivains aux côtés des migrants
- 318pages
- 12 heures de lecture
Ce livre est le fruit d'un appel lancé par Patrick Chamoiseau et Michel Le Bris pour un meilleur accueil des migrants en France, lors du Festival Étonnants Voyageurs en 2017. Vingt-six écrivains ont répondu en envoyant nouvelles, poèmes, témoignages et essais. Les contributions de Lola Lafon, Chantal Thomas, Mathias Énard, et d'autres, explorent des récits de migrations, d'exils, de familles brisées et d'espoirs, parfois avec humour, comme dans "Mots en fuite" de Tahar Ben Jelloun, où des mots étrangers quittent le dictionnaire en signe de protestation. Léonora Miano offre une vision d'anticipation en 2086, abordant un choc de civilisations. D'autres textes évoquent des violences et des barbaries, notamment ceux de JMG Le Clézio et Patrick Boucheron, posant la question de ce que nous sommes prêts à faire pour rester humains. Le livre se termine sur une note d'espoir avec le Manifeste de Mireille Delmas-Marty et la Déclaration des poètes de Patrick Chamoiseau, plaidoyers pour une hospitalité transformée. En reversant leurs droits au GISTI, ces auteurs s'engagent pour un monde plus altruiste, affirmant une éthique active de la relation.
Petit traité d'éducation lubrique
- 128pages
- 5 heures de lecture
"Si le premier devoir de l'éducation religieuse consiste à éviter l'enfer à son prochain, le premier devoir de l'éducation lubrique consiste à l'y précipiter. Les méthodes pour y parvenir sont innombrables et nous ne saurions toutes les considérer. Nous allons donc nous borner à examiner les différentes phases qui composent l'acte fornicatoire, non sans préciser quels sont les éléments qui entravent sa progression ou ceux qui nettement l'accélèrent, et nous employer à définir le sens de certains mots tels que futution, pédication ou cunnilinge (les termes cons, culs, pines et environs étant connus du plus grand nombre). Nous nous appliquerons également à restituer à la chose sexuelle, si tristement confinée au trivial, si bassement réduite à l'hygiénisme par quelques esprits épais, son obscure, sa sauvage, son incommensurable puissance".
Pas pleurer. Weine nicht, französische Ausgabe
- 240pages
- 9 heures de lecture
Deux voix entrelacées.Celle, révoltée, de Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les Nationaux avec la bénédiction de l'Église contre « les mauvais pauvres ».Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et « mauvaise pauvre », qui a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours enchantés de l'insurrection libertaire par laquelle s'ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d'Espagne, des jours qui comptèrent parmi les plus intenses de sa vie.Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent et qui font apparaître l'art romanesque de Lydie Salvayre dans toute sa force, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, porté par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée. -- From publisher's website
Portrait de l'écrivain en animal domestique
- 235pages
- 9 heures de lecture
Tout oppose, a priori, l’écrivain et le businessman. L’un incarne (ou le croit) la soif d’absolu, le goût de l’inutile, l’esprit de révolte. L’autre, la brutalité affairiste, l’accumulation avide et le désir violent de dominer.Qu’advient-il lorsque l’un se met au service de l’autre ? Lorsque l’écrivain accepte d’écrire la biographie, forcément élogieuse, du businessman ? Quelles fascinations s’exercent ? Quelles complicités se lient ? De quelles abdications se paient-elles ? Jusqu’où et jusqu’à quand peut-on, sans se renier, se compromettre ?Ces questions sont vieilles comme le monde et pressantes comme jamais. Lydie Salvayre les examine avec un regard dont la gravité, la malice et l’irrévérence n’épargnent ni l’un ni l’autre des deux protagonistes.
L'inspecteur Arjona, chargé par les Renseignements généraux d'infiltrer un groupe de délinquants, s'oblige à rédiger des rapports secrets à l'adresse de son ministre de tutelle. Mais deux éléments inopportuns perturbent la rédaction de ses écrits : l'abus de haschich auquel le contraignent ses mauvaises fréquentations, et la présence bouleversante, dans le groupe observé, d'une jeune personne prénommée Dulcinée. Et l'on va voir, insidieusement, le ton implacable et martial des premiers rapports s'adoucir, vaciller, s'amiévrir et se désordonner, jusqu'à complètement se retourner. Et notre inflexible agent des RG, être gagné, insidieusement, à la cause délinquante, et plus encore à la cause amoureuse. Cette ironique métamorphose donne à Lydie Salvayre l'occasion de fustiger avec une allègre férocité les tenants d'un Ordre renforcé contre ceux-là qui, petitement, le menacent. C'est l'occasion aussi pour elle d'écrire, car elle a un coeur, une histoire d'amour silencieuse et nocturne.
Er arbeitet als Museumswärter, tut seinen Job phantasielos, aber korrekt. Bis auf eine Obsession: er hält sich für das Musterbeispiel an Eleganz und Distinguiertheit. Und dies läßt er seine Besucher spüren, indem er sie maßregelt. Eines Tages stößt er, der eigentlich völlig ungebildet und unbelesen ist, auf die Schriften von Blaise Pascal, auf die Pensées, und fängt nun seinerseits zu denken an. Diese Lektüre verändert sein Leben, sie gibt seinem Dasein eine philosophische Grundlage. Es ist irrwitzig, aus dem Mund dieses wenig einnehmenden Menschen fundamentale Wahrheiten zu erfahren und seine Gesellschaftskritik zu hören. Doch er, der nicht viel mehr ist als eine lästige Fliege, hat auch eine menschliche Seite, die anrührt: das Kind, das er war. Gedemütigt, geschlagen und tausendmal getötet von einem monströsen Vater, der seiner Familie das Leben zur Hölle gemacht hat. Die Angst, die Wut. Bis er eines Tages ausrastet.
Deux femmes, la mère et la fille, vivent recluses dans un petit appartement. Survient, Maître Échinard, un huissier de justice chargé de procéder à l’inventaire de leurs biens avant saisie. Et c’est l’affolement. La mère, Rose, voit aussitôt dans cet intrus un milicien aux ordres de Darnand. C’est pour elle le monde s’est arrêté en 43, l’Occupation dure encore, et Darnand, Pétain et les autres sont encore là. D’ailleurs elle leur parle, sans arrêt. Et les insulte, abondamment. La fille, Louisiane, se bouche les oreilles. Les élucubrations de sa mère, ses éclats, ses fracas, les spectres avec lesquels elle dispute jour et nuit, les injures jetées au Maréchal qu’elle appelle Putain, tout cela l’exaspère. Devant l’homme de loi impassible, les deux femmes vont se livrer à de furieux soliloques et tisser le récit, aussi hilarant que monstrueux, de leurs batailles et de leurs douleurs, de leur mémoire et de leur peur.
La Déclaration
- 128pages
- 5 heures de lecture
L’homme est seul. Quitté par sa femme, dévoré par sa mère, hanté par un amour inutile. Plus rien ne subsiste qu’une haine déclarée au monde vain et laid, anonyme et inhumain. L’homme marche dans la ville, perd le compte de ses pas et de ses mots, s’aliène dans la solitude poisseuse du minitel rose et sombre dans la folie. Après le deuil et la démence pourtant, la vie résiste encore.



