Cette édition des Fleurs du mal réunit les cent poèmes du recueil de 1857 classés dans l'ordre voulu par Baudelaire et suivis des ajouts successifs de 1861 et 1866. Mon coeur mis à nu, écrit à la suite du procès des Fleurs du mal, nous fait pénétrer au coeur du déchirement baudelairien et éclaire la lecture des poèmes.
Ce volume refuse le cliché d'un humble romantisme - celui de Lamartine et du premier Hugo - qui aurait poussé à l'ombre tutélaire du classicisme. Une problématique du romantisme ouvre le livre qui voit ce grand mouvement européen se développer en France avant 1840, plutôt dans les mœurs, dans la littérature marginale et dans les conceptions utopiques des socialismes que dans les œuvres inscrites autrefois par les manuels au titre du romantisme dans les vers si sages des Méditations ou dans les ballades échevelées du jeune Hugo. Mais après 1840 s'instaure un romantisme à la française - le surnaturalisme - qui va orienter toute notre littérature vers la modernité. Max Milner, professeur émérite à la Sorbonne nouvelle est président de la Société des Etudes romantiques. Claude Pichois, professeur émérite à la Sorbonne nouvelle enseigne également à l'université Vanderbilt, dont il dirige le centre Baudelaire.
A la différence de l'ouvrage de D. Pageaux (collection Cursus) qui porte plus sur les méthodes, cet ouvrage plus ancien s'interroge sur la naissance et le développement de la littérature comparée, les échanges littéraires internationaux, l'histoire littéraire générale.