Aucune disposition de l'âme n'a occupé l'Occident aussi longtemps et continûment que la mélancolie. Le sujet reste au coeur des problèmes auxquels l'homme est aujourd'hui confronté et il touche de multiples domaines : la philosophie, la littérature et l'art, la médecine et la psychiatrie, la religion et la théologie... La mélancolie, par tradition cause de souffrance et de folie, est aussi, depuis Aristote, le tempérament des hommes marqués par la grandeur : les héros et les génies. Sa désignation même de "maladie sacrée" implique cette dualité. Mystérieuse, la mélancolie l'est toujours, bien qu'elle soit surtout soumise de nos jours, sous le terme de "dépression", à une analyse médico-scientifique. L'attitude mélancolique ne peut-elle pas aussi s'entendre comme une mise à distance de la conscience face au "désenchantement du monde" (Starobinski) ? Depuis certaines stèles antiques jusqu'à de nombreuses oeuvres contemporaines, en passant par de grands artistes comme Dürer, La Tour, Watteau, Goya, Friedrich, Delacroix, Rodin ou Picasso, l'iconographie de la mélancolie, d'une richesse remarquable, offre une nouvelle approche de l'histoire du malaise saturnien et montre comment cette humeur sacrée a façonné le génie européen.
Jean Clair Livres
- Jean Clair







Vienne 1880-1938: l'apocalypse joyeuse
- 768pages
- 27 heures de lecture
Ouvrage publié sous la direction de Jean Clair à l'occasion de l'exposition "Vienne, 1880-1938: naissance d'un siècle" présentée en 1986 au Centre Georges Pompidou (Paris): vie artistique et intellectuelle (arts plastiques, arts décoratifs, architecture, littérature, cinéma, musique, sciences humaines...); notices biographiques; glossaire; bibliographie
Rayon : Art Editeur : Gallimard Date de parution : 2005 Description : In-4, 192 pages, broché remplié, occasion, très bon état. Envois quotidiens du mardi au samedi. Les commandes sont adressées sous enveloppes bulles. Photos supplémentaires de l'ouvrage sur simple demande. Réponses aux questions dans les 12h00. Librairie Le Piano-Livre. Merci. Référence catalogue 65291. Please let us know if you have any questions. Thanks
Henri Cartier-Bresson
- 64pages
- 3 heures de lecture
Photo Poche: cette collection a l'ambition d'offrir des livres de photographies soigneusement imprimés, maniables par leur format, accessibles par leur prix, à tous ceux que passionne un moyen d'expression dont on reconnaît l'importance. Si l'on veut en couvrir tous les champs, la photographie offre une matière inépuisable. Monographies, sujets historiques, thématiques ou techniques varient à l'infini une iconographie qui est restée jusqu'à présent inédite en livres de poche. Henri Cartier-Bresson: Il a donné ses lettres de noblesse au reportage photographique. Jamais avant lui un sujet, qui'il reléve de l'Histoire ou de la vie quotidienne, n'avait été traité avec tant d'intelligence dans l'analyse, d'acuité dans la vision, d'équilibre dans la composition. Cette constante harmonie entre la forme et le fond, mais aussi la remarquable économie des moyens employés, placent d'évidence Henri Cartier-Bresson parmi les grands classiques de la photographie.
Du surréalisme considéré dans ses rapports au totalitarisme et aux tables tournantes
- 215pages
- 8 heures de lecture
Les expositions récentes et les controverses autour de la vente Breton révèlent que le surréalisme est le seul mouvement d'avant-garde à avoir connu un succès populaire durable. Ce mouvement ne se limite pas à un programme littéraire et artistique classique, mais vise à « transformer le monde » (Marx) et à « changer la vie » (Rimbaud), intégrant une dimension politique qui aspire à faire naître un homme nouveau. Pourtant, cette théorie politique du surréalisme est souvent méconnue. En tant que mouvement anarchiste et libertaire, il a influencé les situationnistes des années cinquante et les événements de Mai 68, tout en flirtant avec les idéologies totalitaires de son temps. Les relations conflictuelles avec le communisme entre 1925 et 1935, l'épisode de Contre-Attaque, et l'œuvre d'Artaud, proche du théâtre totalitaire, jettent une ombre sur ce groupe. De plus, le surréalisme partageait un intérêt pour l'occultisme, ce qui soulève des questions sur sa capacité à concilier un désir de révolution rationnelle avec son attrait pour le spiritisme. Freud et Marcel Mauss, figures fondatrices de la psychanalyse et de l'ethnologie, ont rejeté les offres d'une idéologie qu'ils percevaient comme dangereuse. L'analyse proposée ici se concentre non pas sur le surréalisme comme esthétique, mais comme symptôme d'une généalogie de la violence au siècle dernier. Jean Clair, conservateur général du Patrimoine et directeur du musée Picasso à Pa
Crimes, prisons, décapitations, autant de thèmes qui parcourent en tous sens l'art depuis la Révolution française et ses premières tentatives d'abolir la peine de mort. Qu'il soit politique ou crapuleux, le crime de sang décuple par l'image sa puissance fantasmatique sur nous. Car la violence, même si elle n'est pas assortie de l'expression du plaisir, en apporte au spectateur, quelle que soit sa répulsion première. Des représentations littérales aux allégories de toutes sortes, la peinture confirme à foison cette ambiguïté fondamentale: des pendus de Victor Hugo à La Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime de Pierre Paul Prud'hon. De nouveaux thèmes s'imposent à l'imaginaire, telle la femme criminelle. Stigmatisée par Jacques Louis David, réhabilitée par Paul Baudry puis noircie à nouveau par Edvard Munch, Charlotte Corday rejoint ainsi les figures du mythe. Se pose aussi la question des rapports entre folie, génie et crime, des prisonniers d'Eugène Delacroix à ceux d'Egon Schiele. Les plus grands artistes sont ceux chez qui la représentation exaspérée du crime ou de la peine capitale aboutit au saisissement maximum, de Francisco Goya et Théodore Géricault à Edgar Degas, Pablo Picasso, Otto Dix, George Grosz. Paria social, monstre conscient ou tueur irresponsable, le criminel a toujours fait débat. De même, son châtiment. Il n'est pas de meilleur miroir de l'homme et de l'art modernes.
Trait pour trait
Les dessins d'Henri Cartier-Bresson
Eloge du visible : fondements imaginaires de la science
- 220pages
- 8 heures de lecture
Intelligere et eligere sont proches dans la langue. Choix dans le fouillis du visible, la distinction est compréhension et beauté. Intelligence et élégance ont partie liée. Voir, comprendre, distinguer sont une même chose. Le vieux mot français de mire, pour dire le médecin, atteste encore l'affinité entre l'art de l'artiste, qui produit des choses "admirables", et le savoir du savant, qui regarde et qui garde. La science et l'art prennent soin du monde. Dans ce dialogue entre l'art et la science, la psychanalyse, prise entre le verbe et l'image, joue un rôle majeur. Elle n'est pas seulement contemporaine de Böcklin et de Klinger. Questionnant un corpus iconographique particulier pour valider sa démarche, de Moïse à Léonard de Vinci, se voulant à l'occasion, dans la Traumdeutung, une "science" de l'image, elle est aussi l'héritière du Symbolisme, et peut-être sa prisonnière. Rappelant les privilèges de ce que Goethe appelait Die Welt des Auges, cette suite d'essais se développe comme un plaidoyer pour une science romantique.
Sur Marcel Duchamp et la fin de l'art
- 335pages
- 12 heures de lecture
Au tournant du nouveau siècle, Jean Clair a décidé de revenir sur le cas de Duchamp comme figure exemplaire de la modernité. Reprenant les essais de 1977, il les fait précéder d'une longue étude qui jette sur le père des pseudo ready-made, le rêveur inlassable de La Mariée, et le bâtisseur de ce "Château de la pureté" dont parlait son ami Octavio Paz, une lueur extrêmement dérangeante. En le situant dans une postérité qui est celle de des Esseintes et de Monsieur Teste, comme elle est celle de Max Stirner et de Rudolf Steiner, il lui confère un sens qui, par ricochet, tend à bouleverser l'image que l'on s'est construite de l'histoire de l'art moderne.



