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Huguette Junod

    La complainte d'Ariane
    Le choix de Médée
    • Ariane m'a accompagnée de 1990 à 1995. J'ai commencé son récit en été 1990, dans un état solaire, en visitant le Péloponnèse avec un compagnon féru de mythologie. Il peut paraître curieux, en plein bonheur, de parler de chagrin, mais je puisais dans mes souvenirs. J'ai continué le poème en août 1991, dans une maison louée à Koroni, avec le même compagnon, mais qui avait décidé de me quitter. Cette fois, je vivais moi-même un deuil amoureux. Je portais une pierre au fond du ventre, chaque pas représentait une souffrance et je me fondais dans la mer et les larmes d'Ariane. Sa peine était donc la mienne, comme celle de toutes les femmes abandonnées. Mais l'espoir soulevé par Dionysos m'a appris que le temps guérit les blessures, apaise la douleur et qu'au-delà du désamour peut naître un sentiment puissant devant lequel on se retrouve neuve, comme au premier jour.

      La complainte d'Ariane2011
    • un poème remarquable, teinté de réminiscences épiques et tragiques par certaines de ses tournures, par ses périphrases, par son souffle musical. Dans cette suite de vers, souvent de six syllabes, affleure une trace du grand alexandrin, ou de l'hexamètre antique, mètres à la fois scindés et ranimés par un lyrisme contemporain. Cette Médée, par-delà sa dimension narrative, est également poétique en privilégiant l'arrêt sur image, la pose statique, pour immobiliser l'action dramatique, pour l'éterniser en faisant résonner dans un même geste les différentes séquences de la fable (...) Huguette Junod aborde le mythe avec la distance observatrice des modernes face à la longue réception des légendes héroïques. Mais derrière cette Médée représentée à la troisième personne, surgit rapidement une autre Médée à la première personne, une Médée qui, elle, suscite un rapprochement, une identification, une reconnaissance de ce qu'il y a d'indépassable dans l'expérience feminine

      Le choix de Médée2009