Ce texte examine deux mutations caractéristiques de la philosophie moderne durant la Renaissance et l'Âge classique. La première mutation est le foisonnement, aux XVIe et XVIIe siècles, des discours polémiques sur les animaux, leur nature et leur destin. Bien qu'inspirée par des penseurs antiques tels que Pline et Plutarque, cette polémique se distingue par son originalité argumentative et ses enjeux, s'opposant à un schéma anthropologico-zoologique d'Aristote. La seconde mutation concerne la promotion des facultés animales et de la part irrationnelle de l'homme, une constante dans les grands domaines de la philosophie. Cela inclut la connaissance (articulation de l'aestimativa et de la ratio), la morale (réévaluation du rôle des passions), la politique (heuristique de la ferocitas), l'anthropologie (recomposition des rapports entre animalitas et ratio) et la métaphysique (rupture avec l'ontologie hylémorphique aristotélicienne). Ces mutations donnent naissance à une nouvelle pensée cynique, dont les implications métaphysiques, épistémologiques, éthiques et politiques influenceront l'évolution de la philosophie moderne et notre compréhension actuelle de l'homme. Ce volume rassemble les contributions de divers auteurs, dont Francesco Adorno et Pierre Caye.
Thierry Gontier Livres
