Willa Muir fut une romancière, essayiste et traductrice écossaise qui explora des thèmes féministes et traduisit d'importantes œuvres allemandes. Ses essais offrent une profonde enquête sur la condition des femmes, marqués par une rigueur intellectuelle et une perspicacité aiguë. Au-delà de ses écrits originaux, les traductions de Muir, y compris celles de Franz Kafka, ont fait découvrir la littérature européenne essentielle à de nouveaux publics. Son héritage réside dans cette puissante combinaison de pensée féministe et de traduction littéraire dévouée.
Franz Kafka's enigmatic, deadpan, and deeply pessimistic stories are central to literary modernism. In 'The Metamorphosis', the estrangement of everyday life becomes corporealized when Gregor Samsa wakes up as a giant bug and wonders how he is going to get to work on time. Kafka inverts the implied degradation of a man's transformation into an animal in 'A Report of the Academy', an ape's address to a group of scientists.
Voici l'histoire ... excessivement répugnante, dit l'auteur d'un homme qui se réveille changé en cancrelat. Cette transformation est le châtiment imaginaire que Kafka s'inflige. Et son personnage est celui qui ne peut plus aimer, ni être aimé.
Traduit de l'allemand par Alexandre Vialatte - Dans quel village me suis-je égaré ? Y a-t-il donc ici un château ? - Mais oui, dit le jeune homme lentement, et quelques-uns des paysans hochèrent la tête, c'est le château de M. Le Comte Westwest. - Il faut avoir une autorisation pour pouvoir passer la nuit ? demanda K. comme s'il cherchait à se convaincre qu'il n'avait pas rêvé ce qu'on lui avait dit. - Il faut avoir une autorisation, lui fut-il répondu, et le jeune homme, étendant le bras, demanda, comme pour railler K., à l'aubergiste et aux clients : - A moins qu'on ne puisse s'en passer ?...
On raconte que c'est grâce aux éditions clandestines du samizdat - et donc, sans nom d'auteur - que fut introduite en Union soviétique la traduction du Procès. Les lecteurs pensèrent, dit-on, qu'il s'agissait de l'œuvre de quelque dissident, car ils découvraient, dès le premier chapitre, une scène familière : l'arrestation au petit matin, sans que l'inculpé se sût coupable d'aucun crime, les policiers sanglés dans leur uniforme, l'acceptation immédiate d'un destin apparemment absurde, etc. Kafka ne pouvait espérer une plus belle consécration posthume. Et pourtant, les lecteurs russes se trompaient. Le projet de Kafka n'était pas de dénoncer un pouvoir tyrannique ni de condamner une justice mal faite. Le procès intenté à Joseph K., qui ne connaîtra pas ses juges, ne relève d'aucun code et ne pouvait s'achever ni sur un acquittement ni sur une damnation, puisque Joseph K. n'était coupable que d'exister. Crime capital et à la fin du livre, deux « messieurs » l'emmèneront dans une carrière abandonnée et le tueront « comme un chien ».