" Il ne se souciait aucunement de son habit : son uniforme n'était pas vert mais d'une couleur tirant vaguement sur le roux farineux. Le col en était si étroit et étriqué que son cou, bien qu'il ne l'eût point long, paraissait proprement démesuré lorsqu'il en émergeait [...]. Immanquablement, des choses se collaient à son uniforme : tantôt un brin de paille, tantôt un bout de fil, et il avait en outre l'art tout particulier, lorsqu'il était dans la rue, de passer sous une fenêtre juste au moment où l'on en déversait toutes sortes de saletés, si bien qu'il transportait perpétuellement sur son chapeau des épluchures de pastèque ou de melon et autres sornettes du même genre. La vie d'Akaki Akakievitch, bornée à l'univers étroit de son travail au ministère, se trouve bientôt métamorphosée par un projet invraisemblable : l'acquisition d'un manteau neuf...
Nikolaj Vasilevič Gogol Livres







Nouvelles de Pétersbourg
- 380pages
- 14 heures de lecture
Gogol n'a jamais conçu les « nouvelles de Pétersbourg » comme un projet global qu'il aurait réalisé chapitre après chapitre. Le titre, d'ailleurs, n'a été inventé qu'après sa mort, par des éditeurs. Saint-Pétersbourg n'est pas pour lui l'objet d'une étude systématique, mais l'occasion de voyages fantastiques, au sens le plus large du terme. C'est la ville des rencontres inopinées. Chacun peut y tomber sur des voleurs (« Le Manteau »), sur un tableau énigmatique (« Le Portrait »), sur deux chiens qui parlent (« Journal d'un fou »), ou encore… sur son propre nez, déguisé en conseiller d'Etat (« Le Nez »). De même que les héros de « La Perspective Nevski » suivent chacun une inconnue qui passe, de même Gogol s'empare d'une idée et se laisse mener par elle, dans le labyrinthe des surprises cocasses, des déceptions, des épouvantes, de la folie, de la damnation. On l'a dit « réaliste ». Mais le réalisme n'est qu'un aspect de cette oeuvre hyperbolique, traversée de nostalgies et de terreurs inexplicables, empreinte d'une bouleversante bouffonnerie. Curieuse coïncidence : Gogol est né la même année qu'Edgar Poe et partage sans le savoir son goût pour un mot magique : « arabesque ».
Taras Boulba
- 250pages
- 9 heures de lecture
Un épisode imaginaire de la lutte des cosaques contre les Polonais dans l'Ukraine du XVIIe siècle. Le vieux Taras Boulba, cosaque des temps héroïques, après avoir initié à la guerre ses deux fils, perd l'aîné sous les coups de l'ennemi et tue de ses propres mains le cadet qui, amoureux d'une Polonaise catholique, a trahi sa famille et la foi orthodoxe. À la suite de deux grandes batailles, Taras Boulba est fait prisonnier et meurt brûlé vif sur le bûcher. La réussite du récit, écrit par Gogol quand il a à peine vingt-six ans, tient à ce que le souffle épique y côtoie sans cesse la truculence quasi rabelaisienne de la fête, des beuveries cosaques, mais aussi l'évocation poétique d'une Ukraine primitive.
«Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'envoyez-vous cette calamité ? (...) Sans nez, un homme n'est plus un homme. (...). Si encore je l'avais perdu en duel, ou à la guerre, ou par ma faute !... Hélas non ! Il a disparu comme cela, sans rime ni raison... Non, reprit-il après quelques instants de silence, c'est inconcevable».
Profil Bac - 225/226: Profil d'une oeuvre
Nouvelles de Pétersbourg, Gogol - Une préparation à l'écrit et à l'oral - Résumé de chaque nouvelle - Étude des problématiques essentielles
- 175pages
- 7 heures de lecture
175pages. Poche. Poche.
Il se passe vraiment des choses extravagantes à Pétersbourg ! On raconte qu'un matin, alors qu'il jetait un coup d'œil dans son miroir, l'assesseur de collège Kovaliov a découvert qu'il avait perdu son nez et que, depuis, le nez circule en ville paré du grade de conseiller d'Etat. Le bruit court aussi qu'un fantôme, dit-on, arrache aux passants leur pelisse en prétextant qu'il recherche un manteau volé. Tout cela est parfaitement invraisemblable. Et pourtant...



