En reléguant les idéologies, en particulier le marxisme, au musée des idées obsolètes, les sociétés développées ont renoncé à toute théorie de la révolution. Or, les mécanismes économiques et sociaux dérapent, les procédures de rééquilibrages sont de plus en plus insuffisantes, les décalages entre nations riches et pauvres s'accentuent et rendent cette révolution inéluctable voire souhaitable
On a rarement à ce point trompé les électeurs. Il arrive qu'à une trahison assumée, ainsi le général de Gaulle du "Je vous ai compris", l'Histoire rende hommage comme à une preuve courageuse de lucidité. Mais François Hollande n'assume pas. "J'ai tenu mes promesses", clame-t-il. Dès lors, à sa trahison, flagrante, unanimement constatée, s'en ajoute-t-il une autre, la trahison de la trahison. Guy Mollet, lui, assumait. Cette volte-face aurait pu avoir une conséquence : l'approbation par la droite de ce qu'elle n'avait cessé de préconiser et même d'exiger. Mais non : dès lors qu'on lui piquait ses présumées convictions, elle se retourna contre elle-même. Elle brûla ce qu'elle avait jusque-là adoré. Alors la trahison fut totale. Et son souvenir laissera dans les consciences une trace ineffaçable. Dont les conséquences seront lourdes. Très lourdes.
La victoire d'un libéralisme désormais privé d'adversaires, le rétrécissement de l'espace des possibles en politique et l'homogénéisation des circuits d'information ont amené la France qui pense et qui communique à une unification de son discours
Hommes ou femmes, ils ont tous, un jour, refusé l'oppression, la régression ou le dogme. Si certains ont payé ce courage de leur vie, leur dissidence a souvent permis le triomphe de la liberté et de la justice, parfois même changé le cours de l'histoire. Leur " non " est clair, carré, sombre et lumineux à la fois, porteur d'un sens qui a fini par imprégner l'histoire de l'humanité. Tels furent le " non " de De Gaulle, le 18 juin 1940, d'Emile Zola lançant son " J'accuse ", de Lazare Carnot refusant l'Empire, de Victor Hugo préférant l'exil à toute caution donnée au coup d'Etat de Badinguet, de Voltaire proclamant l'innocence de Calas, de Bolivar abolissant le colonialisme espagnol, de l'abbé Grégoire ou de Victor Schoelcher à l'esclavage... Mais aussi le " non " de Galilée à la tyrannie de l'apparence, de Spinoza au terrorisme du dogme, de Rousseau à l'inégalité sociale, de Jules Ferry à l'emprise cléricale. Cette aventure - celle de ces hommes ou de ces femmes qui ont un jour refusé l'oppression - Jean-François Kahn a voulu nous la raconter. Parce qu'aucun film ne réunira jamais une telle affiche, parce qu'aucun roman ne brassera autant d'extraordinaires destins personnels, parce que nous devons tout à ces rebelles, et que l'Histoire officielle, avec beaucoup d'entre eux, n'a pas toujours été équitable.
Les idées reçues, fausses, de la sottise et des préjugés qui ont jalonné notre époque sont passées au crible de la sévérité et de l'humour.Une vraie leçon d'antiterrorisme intellectuel. Comment mener un combat en utilisant toutes les armes à la fois ? La forme de dictionnaire qu'adopte ce livre est une réponse.L'auteur pourrait reprendre à son compte, au fond, la dernière tirade du Cyrano d'Edmond Rostand quand, rapière au poing, le bretteur défie ses éternels ennemis : la bêtise, le mensonge, la lâcheté, la courtisanerie. On y ajoutera la bienpensance et les nouveaux conformismes.Sauf que ce livre est, justement, à l'image de la guerre qu'il mène : c'est-à-dire que les longues offensives y côtoient les rapides coups de main, les actions de commando les manoeuvres d'encerclement, les pilonnages d'artillerie les opérations de guérilla, mais s'y intègrent également - car la guerre c'est aussi cela - les permissions, les théâtres aux armées, les fiestas arrosées à la caserne, les sorties en ville, les parties de belote et les distractions plus libertines.Quatre armes sont ici utilisées : la satire chansonnière, dérision blagueuse et farce drolatique d'abord ; puis le fouet du pamphlet politico-social ; ensuite la méthode encyclopédiste - au sens XVIIIe siècle du terme - qui consiste à démystifier en parlant de tout et donc à travers toutes les approches possibles ; et enfin, le dictionnaire philosophique voltairien qui permet de passer au crible, de façon iconoclaste, les idéologies dont nous continuons à être les héritiers ou les victimes.Feu sur le quartier général ! Cet ouvrage (d'autant qu'il n'épargne pas le pouvoir intello-médiatique), fera grincer des dents. Fortement. C'est fait pour.
Qui peut croire des dirigeants prêts à combler la dette grecque tout en craignant pour nos banques ? N'y aurait-il que des menteurs en politique ? Les promesses de maintien des emplois chez Areva, le souhait ardent de Martine Aubry pour François Hollande, et l'idée simpliste de quitter l'euro pour revenir au franc illustrent un cynisme politique sans précédent. Les rétrocommissions de Karachi sont qualifiées de fable, tandis que les hausses d'impôts sont catégoriquement niées par le président. Jamais, depuis l'établissement de notre démocratie, les responsables politiques n'ont menti aussi systématiquement aux Français. Lorsque la tromperie émane de l'État et des dirigeants de l'opposition, il devient impossible de l'endiguer. La gauche ment timidement, le centre avec une certaine honte, tandis que Sarkozy affiche un mensonge brut de décoffrage. Jean-François Kahn, ancien professeur et journaliste, a créé et dirigé L'Evénement du jeudi et fondé le journal Marianne. Écrivain prolifique, il a publié de nombreux ouvrages, dont des essais sur l'évolution sociale et la philosophie du mensonge, et son Dictionnaire incorrect a rencontré un immense succès.
Il y a des livres qui se lisent le sourire aux lèvres. Celui de Jean-François Kahn en fait partie. Avec sa verve et son humour, il revisite les premiers chapitres de l’histoire de France. Et d’un coup, nos ancêtres sont les Romains plutôt que les Gaulois ! Chacun en prend pour son grade. Les Romains ? De grands civilisateurs qui ont su séduire et intégré la Gaule dans leur vaste empire et donner aux Celtes la citoyenneté, mais dont les empereurs font tache. A telle enseigne que les vaincus d’hier prendront sans difficulté des postes clés dans les institutions et feront de leur pays un centre important de culture latine, pesant sur les tribus germaines voisines pour les englober un jour. Sous le regard de Néron, de Julien ou de Caligula, révoltes, guerres civiles, divisions et trahisons n’ont pas cessé. Quant aux grandes figures de la résistance à Rome, elles n’ont pas toujours été celles que l’on pense. Vercingétorix ? Un loser et le chef d’une très éphémère rébellion. Alors que Vindex, un prince batave, a remporté des victoires contre de puissantes légions romaines et a unifié la Gaule, la Belgique et la Germanie. Même la mystérieuse reine Boudica a pu résister avec plus de noblesse que le fanfaron d’Alésia. Jean-François Kahn fait revivre des figures de héros injustement oubliés. Avec lui, l’histoire est un exercice vivant et sérieux, un récit qui se permet tout et qui fait rêver : une histoire incorrecte.