Pour la comédie, la tragédie ou l'éloquence, toutes les places étaient déjà prises. La Fontaine ressuscite alors la fable, qui dormait depuis l'Antiquité et le Moyen Age. Un genre très humble mais qui lui offrait tout le théâtre de l'univers. Avec des animaux, il allait bâtir une comédie humaine immense et prodigieuse de délices et de cruauté, et réinventer, dirait-on, la langue française. Il parle déjà comme nous parlons aujourd'hui. La Fontaine était un enfant, un sphinx, un farceur, un philosophe, un génie du langage. La légende de sa bonhomie distraite et paresseuse cache un sage oriental, un voluptueux, un sorcier, un enchanteur, un poète adorable. Rien n'égale, dans aucune littérature, la popularité de ses fables. Le lire et le relire, c'est retrouver le paradis sur terre.
Alain-Marie Bassy Livres


La Fontaine attachait autant d'importance à ses Contes et Nouvelles qu'à ses Fables. Inspirés du Décaméron, de l'Arioste, de Machiavel autant que de Rabelais et du fonds gaulois, ils sont tous un hommage à l'amour physique, au jeune désir, au fruit défendu, le seul qui compte, au plaisir dérobé mais toujours pardonné. Bacheliers et nonnains, galantes commères et maris trompés y composent une humanité de gaillardise et de ruse évoquée avec un cynisme souriant qui fait des Contes un des chefs-d'œuvre de la littérature licencieuse.