Der Trost der Dinge
Münchner Ausgabe
Orhan Pamuk est célébré comme un conteur d'Istanbul, ville qui a façonné ses premières écrits et inspiré ses essais autobiographiques ultérieurs. Son œuvre explore fréquemment des thèmes complexes tels que l'identité, l'intersection des cultures occidentale et orientale, et les chocs culturels, le tout tissé à travers des récits captivants. Le style de Pamuk est reconnu pour sa nature expérimentale, sa profonde psychologie des personnages et sa représentation magistrale du passé et du présent de la Turquie. Sa signification littéraire réside dans sa capacité à relier l'expérience personnelle à des vérités humaines universelles, offrant aux lecteurs une perspective unique sur les complexités de la vie moderne.







Münchner Ausgabe
Orhan Pamuk's reflections span fourteen years, blending his daily thoughts with personal illustrations. This collection reveals his journeys, family influences, and the intricacies of his bond with Turkey, offering insights into the inspirations behind his novels. Alongside his writings, vibrant paintings showcase the landscapes that fuel his creativity. This volume serves as a captivating exploration of Pamuk's inner world, inviting readers to engage with the art, culture, and political nuances that have influenced his literary voice.
En avril 1901, il se murmure que la peste s'est déclarée à Mingher, une île au large de Rhodes sur la route d'Alexandrie. Deux éminents spécialistes des épidémies sont dépêchés sur place par le sultan Abdülhamid II. La maladie infectieuse est rapidement confirmée mais imposer des mesures sanitaires représente un véritable défi, en particulier lorsqu'elles se heurtent aux croyances religieuses. Dans cette île multiculturelle où musulmans et orthodoxes tentent de cohabiter, la maladie agit comme un accélérateur des tensions communautaires. Et si l'union était rendue possible par la construction d'une identité nationale Affaiblie par les contagions croissantes mais vive dans ses élans révolutionnaires, Mingher, « perle de la Méditerranée orientale », va connaître des mois décisifs pour son histoire et voir son destin bouleversé. Avec un talent de conteur hors pair, Orhan Pamuk fait de cette île imaginaire, minutieusement dépeinte, le théâtre d'une grande fresque historique où s'amorce la chute de l'Empire ottoman. Mêlant habilement fiction et réalité, atmosphères funestes et élans amoureux, Les nuits de la peste est un roman grave et tendre qui nous montre comment une situation de crise peut devenir le terreau d'une révolution politique.
Orhan Pamuk, der Literaturnobelpreisträger, ist nicht nur ein Romanautor, sondern auch ein leidenschaftlicher Fotograf. Schon in seiner Jugend hielt er mit großer Hingabe die Schönheit seiner Heimatstadt Istanbul fest, insbesondere den Blick auf den Bosporus und die unterschiedlichen Stadtteile. In den Wintermonaten 2016/17 kehrte Pamuk zur Fotografie zurück und schuf dabei 8.500 Farbfotografien von seinem Balkon in Cihangir. Oft verließ er seinen Schreibtisch nur, um den Bewegungen der Boote und den Veränderungen der Landschaft zu folgen. Diese fotografischen Arbeiten entstanden aus dem Bedürfnis heraus, flüchtige Momente festzuhalten. Mit jeder aufgenommenen Szene stellte sich eine melancholische Stimmung ein, die ihn mit Fragen konfrontierte: Warum mache ich diese Bilder? Wie verknüpfen sich Sehen und Fotografieren? Was fasziniert uns an der Darstellung von Landschaften in Fotografie und Natur? In seiner einführenden Reflexion bietet Pamuk einen tiefsinnigen und intimen Einblick in seine Gedanken und die Kunst des Fotografierens. Die Sammlung präsentiert 486 dieser eindrucksvollen Landschafts- und Seelenbilder, die die einzigartige Perspektive des Nobelpreisträgers widerspiegeln.
Alors qu’il passe quelques semaines auprès d’un maître puisatier pour gagner un peu d’argent avant d’entrer à l’université, le jeune Cem rencontre une troupe de comédiens ambulants et, parmi eux, une femme à la belle chevelure rousse. Il s’en éprend immédiatement, et, malgré leur différence d’âge, se noue entre eux l’esquisse d’une histoire d’amour. Mais les promesses de cet été sont soudainement balayées lorsque survient un accident sur le chantier du puits. Cem rentre à Istanbul le cœur gros de souvenirs, et n’aura de cesse de tenter d’oublier ce qui s’est passé. C’est sans compter sur la force du destin qui finit toujours par s’imposer aux hommes, et leur rappeler ce qu’ils ont voulu enfouir au plus profond d’eux-mêmes. Dans ce roman de formation aux allures de fable sociale, Orhan Pamuk tisse à merveille un récit personnel avec l’histoire d’un pays en pleine évolution, et fait magistralement résonner la force des mythes anciens dans la Turquie contemporaine. Avec tendresse et érudition, La Femme aux Cheveux roux nous interroge sur les choix de l’existence et la place véritable de la liberté.
Publikace, jež vyšla k 220. výročí založení Společnosti vlasteneckých přátel umění, předchůdkyně Národní galerie v Praze, je souborem esejů představujících jakousi autobiografii Národní galerie v Praze, jejíž existence je mimo jiné založená na aktu velkorysých gest dávání a sdílení. Eseje vzdávají hold otcům zakladatelům, jednotlivým donátorům a institucím, umělcům a sběratelům, kteří galerijním sbírkám poskytli ničím nepodmíněný dar či dočasnou výpůjčku, provedli směnu nebo galerijním sbírkám – od starých mistrů přes grafiku a kresbu, umění Asie a Afriky až po umění 19. století a moderní a současné umění včetně architektury – a návštěvníkům prospěli jakýmkoli jiným způsobem. Kniha zahrnuje také texty věnované historii sběratelství a formativní roli štědrosti a velkorysosti v procesu vzniku sbírkových institucí. Komplexní obrázek dokreslují výňatky z filozofických, literárních a básnických děl, které problematiku velkorysosti zasazují do širších ideových souvislostí.
Comme tant d'autres, Mevlut a quitté son village d'Anatolie pour s'installer sur les collines qui bordent Istanbul. Il y vend de la boza, cette boisson fermentée traditionnelle prisée par les Turcs. Mais Istanbul s'étend, le raki détrône la boza, et pendant que ses amis agrandissent leurs maisons et se marient, Mevlut s'entête. Toute sa vie, il arpentera les rues comme marchand ambulant, point mobile et privilégié pour saisir un monde en transformation. Et même si ses projets de commerce n'aboutissent pas et que ses lettres d'amour ne semblent jamais parvenir à la bonne destinataire, il relèvera le défi de s'approprier cette existence qui est la sienne. En faisant résonner les voix de Mevlut et de ses amis, Orhan Pamuk décrit l'émergence, ces cinquante dernières années, de la fascinante mégapole qu'est Istanbul. Cette "chose étrange" , c'est à la fois la ville et l'amour, l'histoire poignante d'un homme déterminé à être heureux.
Herkes için Orhan Pamuk "Bu kitapta, şimdiye kadar yazdığım sayfalardan, en kolay anlaşılabilir ve en güçlü olanları seçmeye çalıştım." Çocukluk ve okul hikâyeleri ve tarihten sayfalar Orhan Pamuk, diğer kitaplarından bu parçaları kitaba alırken metinlere dokundu, eski yazılarını değiştirdi, cümleler, paragraflar ekledi, başlıklar koydu. Pamuk'un kırk yıllık yazarlık hayatının en güzel sayfalarından yapılan bu seçme hem onun yeni ve genç okurlarının, hem de yazarın eski takipçilerinin ilgisini çekecek. "Kitabın kalbinde, hakkında hayaller kurmaktan hoşlandığım iki konu var: Tarihin esrarlı yüzü ve çocukluk ve öğrencilik yıllarının hatıraları. Romanlarımda ve düzyazılarımda bu iki kaynağa hep geri döndüm. Her seferinde de iki konunun kafamda iç içe geçtiğini hissettim. Yani: Tarihin çocuksu yanı ile çocukluğun tarihsel yanı." Hiç yayımlanmamış bir hikâye Ben Bir Ağacım'da Pamuk, Osmanlı zamanının bir celladını, bir padişahın kıskançlığını anlatıyor, bir ağacı, bir resmi konuşturuyor ve kendi çocukluk, gençlik ve okul hatıralarını hikâye ediyor. Pamuk'un yeni romanı Kafamda Bir Tuhaflık'ın kahramanı Mevlut Karataş'ın ortaokul yıllarının hikâyesiyle...
Ce se intimpla cu noi, si in noi, cind citim un roman? Cum se naste acel „efect de lectura a romanului”, atit de diferit de ceea ce simti cind privesti un tablou sau citesti o poezie? In aceasta colectie de eseuri despre literatura si despre el insusi, Orhan Pamuk ne arata cum se alcatuiesc cele doua lumi – a scrisului si a cititului – si cum ajung ele sa se uneasca. „La sfirsitul lecturii, aflam mai multe despre Pamuk insusi decit despre cum scrie Pamuk. Aflam ca e genial, ca nu inceteaza sa se priveasca mereu de aproape, ca nu-l intereseaza o teorie coerenta a romanului, ci o stare a scrisului si a cititului.” (Financial Times) „Oricine se crede romancier ar trebui sa citeasca eseurile lui Pamuk – pentru ca trebuie sa invatam de la aceia care chiar se pricep.” (The Telegraph)
Im Frühjahr 2012 wurde es endlich eröffnet - Orhan Pamuks „Museum der Unschuld“. Ausgehend von seinem großen Liebesroman gleichen Titels, in dem Gegenstände aus der Alltagskultur der Türkei eine prominente Rolle spielen, wird Pamuks Sammlung nun dauerhaft in der Istanbuler Altstadt ausgestellt. Seine einzigartigen Objekte beschreibt Pamuk in diesem Buch: Durch alte Postkarten und Filmplakate, Hunderte von hinreißenden Fotografien und skurrile Gegenstände lässt der Literaturnobelpreisträger 2006 das geliebte Istanbul seiner Jugend aufleben, das in der brummenden Metropole von heute aufgegangen ist. Alle, die in die aufregende Stadt am Bosporus reisen, sollten dieses Vademecum dabeihaben: Schöner und hingebungsvoller kann eine Stadt nicht gezeigt werden.
Autoren, Werke, Buchtipps, Leseproben
Anthologie verfolgter Autorinnen und Autoren
The Museum of Innocence - set in Istanbul between 1975 and today - tells the story of Kemal, the son of one of Istanbul's richest families, and of his obsessive love for a poor and distant relation, the beautiful Fusun, who is a shop-girl in a small boutique.
"J'aimais qu'il m'emmène au cinéma, j'aimais l'entendre parler à un tiers du film que nous avions vu ; j'aimais sa façon de se moquer des imbéciles, des gens creux et teigneux, comme j'aimais l'entendre parler d'une nouvelle variété de fruit, d'une ville qu'il avait visitée, d'un livre ou des dernières nouvelles, mais je voulais surtout qu'il me cajole et m'aime encore plus." Le grand écrivain turc Orhan Pamuk, Prix Nobel de littérature 2006, évoque dans une langue vibrante d'émotion la place de son père dans sa destinée d'homme et d'écrivain.
Čitaoci na srpskom jeziku imaju priliku da budu među prvima koji svedoče procesu stizanja do Nobelove nagrade turskog laureata. Dževdet-beg i njegovi sinovi je prvi roman Orhana Pamuka, koji je prvobitno nastao pod imenom Tama i svetlost, a objavljen je 1982. godine. Ovaj roman, nagrađen i pre objavljivanja, oslikava uticaj klasične evropske literature, poput Dostojevskog i Tolstoja. Pripada prvoj od tri faze Pamukovog pisanja: realizmu, modernizmu i postmodernizmu. Autor ga upoređuje sa Budenbrokovima Tomasa Mana, sličnim biografskim okolnostima i rezultatima. Roman predstavlja čvrstu sagas o tri generacije imućne istanbulske porodice, smeštene u vremenskom okviru od 1908. do 1971. godine, prikazujući promene turskog društva koje prihvata zapadne vrednosti, suočavajući se s krizama i dilemama. Ova porodična saga, napisana naturalistički, nudi čvrst zaplet, impresivne likove i preciznu društvenu pozadinu, pružajući široku sliku dvadesetog veka moderne Turske. Pamuk se seća trenutka kada je svom ocu predao rukopis, očekujući njegovo mišljenje, koje je bilo od velike važnosti za njega. Njegov otac je, nakon što je pročitao roman, izrazio svoje poverenje u sina, predviđajući mu buduće uspehe.
In the three decades that Nobel prize-winning author Orhan Pamuk has devoted himself to writing fiction, he has also produced scores of witty, moving, and provocative essays and articles. He engages the work of Nabokov, Kundera, Rushdie, and Vargas Llosa, among others, and he discusses his own books and writing process. We also learn how he lives, as he recounts his successful struggle to quit smoking, describes his relationship with his daughter, and reflects on the controversy he has attracted in recent years. Here is a thoughtful compilation of a brilliant novelist's best nonfiction, offering different perspectives on his lifelong obsessions with loneliness, contentment, and the books and cities that have shaped his experience.
Orhan Pamuk bu yeni kitabında, çocukluğundan başlayarak hayatından, yaşadıklarından bütün içtenliğiyle söz ediyor. Yazarın babasının ölümü, siyasi dertleri, futbol oynarken ya da romanlarını yazarken hissettikleri, tıpkı annesinin sigara böreği yapışı, yaz gecesi bir sivrisineğin hareketleri ve Boğaz gemileri hakkındaki gözlemleri gibi büyük bir manzaranın parçası olarak dikkatle işleniyor. Pamuk İstanbul’dan, Adalar’dan, New York’tan, Venedik ya da Kalküta’dan söz ederken yaptığı gibi, kendi suçluluk duygularından, rüyalarından, eski berberlerden ya da çocukluğunda sokaklarda atıştırdığı şeylerden de bütün dikkatiyle hikâyeler çıkarıyor. Konu ister Binbir Gece Masalları, ister Dostoyevski’nin romanları, ister eski ressamlar, ister Selimiye Camii olsun, Pamuk gözlemlerini, duygularını sıralarken akılda sevdiğimiz bir hikâyecinin tanıdık ve unutulmaz sesi kalıyor. Tıraş olmaktan asansöre binmeye, dünyayı çocuk gibi seyretmekten deprem endişelerimize, trafik ve dinden eski yangınlar ve yıkımlara uzanan bu kitap, Orhan Pamuk’un gözünden bakıldığında dünyanın ne kadar ilginç ve yeni olabileceğini bir kere daha kanıtlıyor.
A shimmering evocation, by turns intimate and panoramic, of one of the world’s great cities, by its foremost writer. Orhan Pamuk was born in Istanbul and still lives in the family apartment building where his mother first held him in her arms. His portrait of his city is thus also a self-portrait, refracted by memory and the melancholy–or h ü z ü n– that all Istanbullus share: the sadness that comes of living amid the ruins of a lost empire.With cinematic fluidity, Pamuk moves from his glamorous, unhappy parents to the gorgeous, decrepit mansions overlooking the Bosphorus; from the dawning of his self-consciousness to the writers and painters–both Turkish and foreign–who would shape his consciousness of his city. Like Joyce’s Dublin and Borges’ Buenos Aires, Pamuk’s Istanbul is a triumphant encounter of place and sensibility, beautifully written and immensely moving.
Un tout petit port turc, désert l'hiver, envahi par les touristes l'été. À l'écart des luxueuses villas des nouveaux riches, une maison tombant en ruine. Un nain y veille sur une très vieille femme, qui passe ses jours et ses nuits à évoquer sa jeunesse et à ressasser ses griefs. Ils vivent côte à côte dans le silence sur les secrets qu'ils partagent, dans la haine et la solitude. Comme chaque été, les trois petits-enfants de la vieille dame viennent passer quelques jours chez elle : un intellectuel désabusé et alcoolique, une étudiante progressiste et idéaliste, un lycéen arriviste, rêvant de la réussite à l'américaine. Leur séjour sera bref et se terminera par un drame, causé autant par les conditions politiques des années 1975-1980 que par le passé de la famille. Le récit dresse un tableau lucide de l'histoire des cent dernières années de la Turquie qui pose adroitement une question très actuelle pour les pays du Proche-Orient : l'occidentalisation a-t-elle échoué ? Quels en ont été les résultats, quelle est la part de cette évolution dans les conflits de générations comme dans les rapports droite-gauche en politique ?
" Un jour, j'ai lu un livre, et toute ma vie en a été changée." Osman, le jeune narrateur, est bouleversé par la lecture d'un livre mystérieux. Il est amoureux de Djanan qui, comme lui, cherche à comprendre les secrets du livre, mais Djanan aime Mehmet. Lorsque celui-ci et la jeune fille disparaissent, Osman part à leur recherche, comme à la quête de la vie nouvelle promise par l'ouvrage qui l'obsède. Pendant ses années d'errance à travers la Turquie profonde, Osman reste animé du même amour et du et du même espoir. Jusqu'au jour où il comprend que ce monde nouveau tant désiré n'est peut-être rien d'autre que la mort...
Istanbul, en cet hiver 1591, est sous la neige. Mais un cadavre, le crâne fracassé, nous parle depuis le puits ou il a été jeté. Il connaît son assassin, de meme que les raisons du meurtre dont il a été victime : un complot contre l'Empire ottoman, sa culture, ses traditions et sa peinture. Car les miniaturistes de l'atelier du Sultan, dont il faisait partie, sont chargés d'illustrer un livre a la maniere italienne... Mon nom est Rouge, roman polyphonique et foisonnant, nous plonge dans l'univers fascinant de l'Empire ottoman de la fin du XVIe siecle, et nous tient en haleine jusqu'a la derniere page par un extraordinaire suspense. Une subtile réflexion sur la confrontation entre Occident et Orient sous-tend cette trame policiere, elle- meme doublée d'une intrigue amoureuse, dans un récit parfaitement maîtrisé. Un roman d'une force et d'une qualité rares. schovat popis
The Black Book is Orhan Pamuk's hugely acclaimed novel, published in a beautiful new paperback edition.
Le narrateur est un Italien de vingt ans, féru d'astronomie et de mathématiques. Capturé par des marins turcs, il se dit médecin, et est offert comme esclave à un hodja, un savant. Le Maître et l'esclave se ressemblent de manière effrayante, éprouvent une méfiance immédiate l'un pour l'autre. Mais ils ne se séparent pas, vivent ensemble, travaillent ensemble, quotidiennement, d'abord sur la pyrotechnie, ensuite sur une horloge, enfin sur une redoutable machine de guerre pour Mehmet IV, sultan de 1648 à 1687. Mise à l'essai sur un château blanc, la machine ne fonctionne pas. Craignant pour sa vie, le Maître usurpe l'identité du narrateur. Celui-ci reste à Istanbul, devient le Maître. Des années plus tard, il entend parler de l'Autre, comme d'un ancien esclave capturé par des marins turcs, et qui s'est évadé...
Le jeune poète turc Ka quitte son exil allemand pour se rendre à Kars, une petite ville provinciale endormie d'Anatolie. Pour le compte d'un journal d'Istanbul, il part enquêter sur plusieurs cas de suicide de jeunes femmes portant le foulard. Mais Ka désire aussi retrouver la belle Ipek, ancienne camarade de faculté fraîchement divorcée. A peine arrivé dans la ville de Kars, en pleine effervescence en raison des prochaines élections, il est l'objet de diverses sollicitudes : le chef de la police locale, la soeur d'Ipek, l'islamiste radical Lazuli vivant dans la clandestinité, ou l'acteur républicain Sunay, tous essaient de le rallier à leur cause. Mais ka avance, comme dans un rêve, voyant tout à travers le filtre de son inspiration poétique retrouvée, stimulée par sa passion grandissante pour Ipek, et le voile de neige qui couvre la ville. Jusqu'au soir où une représentation théâtrale se transforme en putsch militaire et tourne au carnage. Un extraordinaire roman à suspense qui, jouant habilement avec des sujets politiques très contemporains, comme l'identité de la société turque et la nature du fanatisme religieux, surprend par ce ton poétique et nostalgique qui, telle la neige, nimbe chaque page.