L'Affaire de Panama éclate le 20 novembre 1892, mêlant scandale politico-financier et aventure extraordinaire. La disparition d'un banquier, Jacques de Reinach, et la fuite d'un maître chanteur, Cornélius Herz, ajoutent une dimension criminelle à la faillite d'une grande compagnie. Rapidement, des noms comme Clemenceau et 100 à 150 parlementaires sont cités, accusés d'avoir reçu des pots-de-vin. La liquidation de la Compagnie du canal de Panama marque la fin d'un rêve pour des centaines de milliers d'épargnants. Pour saisir les raisons de cet échec, il faut examiner les grandes entreprises de la Belle Époque, en compétition avec l'Angleterre et l'Allemagne. Des aventuriers, à la recherche de richesses à travers le monde, n'hésitent pas à fomenter des révolutions pour atteindre leurs objectifs. Les intérêts autour de Ferdinand de Lesseps sont souvent douteux, avec des lobbies de dynamite et de fournitures militaires impliqués dans la corruption de députés, sénateurs, ministres et présidents. Jules Grévy est contraint de quitter l'Élysée, tandis que son entourage fait face à la colère populaire. Ce scandale, le plus marquant de la IIIe République, met en lumière le financement des partis politiques et la corruption de la presse et des élus.
Jean-Yves Mollier Ordre des livres (chronologique)
