The Ghetto of Venice
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Il était resté glissé dans la poche intérieure du vieil étui en cuir acheté sur Internet. Un tout petit répertoire, comme ceux vendus avec les recharges annuelles des agendas, daté de 1951. A : Aragon. B : Breton, Brassaï, Braque, Balthus… J’ai feuilleté avec sidération ces pages un peu jaunies. C : Cocteau, Chagall… E : Éluard… G : Giacometti… À chaque fois, leur numéro de téléphone, souvent une adresse. L : Lacan… P : Ponge, Poulenc… Vingt pages où s’alignent les plus grands artistes de l’après-guerre. Qui pouvait bien connaître et frayer parmi ces génies du xxe siècle ? Il m’a fallu trois mois pour savoir que j’avais en main le carnet de Dora Maar. Il m’a fallu deux ans pour faire parler ce répertoire, comprendre la place de chacun dans sa vie et son carnet d’adresses, et approcher le mystère et les secrets de la « femme qui pleure ». Dora Maar, la grande photographe qui se donne à Picasso, puis, détruite par la passion, la peintre recluse qui s’abandonne à Dieu. Et dans son sillage, renaît un Paris où les amis s’appellent Balthus, Éluard, Leiris ou Noailles.
Après la mort de son mari, la jeune veuve Virginie Keile et ses deux enfants partent pour la Cornouaille afin de se remettre de cette tragédie. Elle y retrouve son ancien amoureux, Eustace Philips, qu'elle avait jadis beaucoup aimé, mais leur relation avait été entravée par la mère snob de Virginie. Par ses intrigues, elle avait contraint sa fille à épouser le riche Anthony Keile, sans se soucier de son bonheur. Ce n'est que maintenant que Virginie découvre toutes les circonstances et clarifie avec Eustace les événements qui s'étaient ligués contre eux à l'époque. Elle réalise qu'elle n'a jamais cessé d'aimer Eustace et commence avec ses enfants une nouvelle vie dans sa "Maison abandonnée".