Bookbot

Nada exist

Paramètres

  • 432pages
  • 16 heures de lecture

En savoir plus sur le livre

"Quand il entra dans la chambre, l'obscurité exhalait l'odeur du lit défait. Tirant les grands rideaux de velours dont la doublure avait pris la couleur du ciment à force de brûler au soleil, il entrouvrit une porte-fenêtre pour laisser pénétrer l'air de la campagne. II s'arrêta sur le miroir de la cheminée. Une image était scotchée au milieu : une reproduction de la gravure de Dürer, Le Chevalier, la Mort et le Diable. Son visage, défiguré par la lèpre du verre au mercure, se réfugiait derrière l'allégorie. Il bougea pour se cacher. Parut alors dans la glace, encadré par la fenêtre, le bois noirci d'un marronnier. Des branchettes séchées par l'hiver zébraient le ciel comme des griffes. De la chambre voisine, de l'autre côté de la salle de bains lui parvint, à la manière d'une plainte, le souffle d'une femme. "Le travail du Diable est presque terminé", chuchota-t-il au monstre de la gravure, sans que son sourire soit révélé par le miroir. Cinq heures dans la vie d'un photographe de mode en décadence. Une étude de moeurs d'un lyrisme cruel et drôle, portrait d'une âme perdue jusqu'au sortilège final, au 29e étage de l'ex-hôtel Nikko.

Achat du livre

Nada exist, Simon Liberati

Langue
Année de publication
2007
Reliure
(souple),
État du livre
Bon
Prix
4,09 €

Modes de paiement

Personne n'a encore évalué .Évaluer

Titre
Nada exist
Langue
Français
Éditeur
Flammarion
Publié
2007
Format
souple
Pages
432
ISBN10
2080688618
ISBN13
9782080688613
Séries
Mots clés
France
Description
"Quand il entra dans la chambre, l'obscurité exhalait l'odeur du lit défait. Tirant les grands rideaux de velours dont la doublure avait pris la couleur du ciment à force de brûler au soleil, il entrouvrit une porte-fenêtre pour laisser pénétrer l'air de la campagne. II s'arrêta sur le miroir de la cheminée. Une image était scotchée au milieu : une reproduction de la gravure de Dürer, Le Chevalier, la Mort et le Diable. Son visage, défiguré par la lèpre du verre au mercure, se réfugiait derrière l'allégorie. Il bougea pour se cacher. Parut alors dans la glace, encadré par la fenêtre, le bois noirci d'un marronnier. Des branchettes séchées par l'hiver zébraient le ciel comme des griffes. De la chambre voisine, de l'autre côté de la salle de bains lui parvint, à la manière d'une plainte, le souffle d'une femme. "Le travail du Diable est presque terminé", chuchota-t-il au monstre de la gravure, sans que son sourire soit révélé par le miroir. Cinq heures dans la vie d'un photographe de mode en décadence. Une étude de moeurs d'un lyrisme cruel et drôle, portrait d'une âme perdue jusqu'au sortilège final, au 29e étage de l'ex-hôtel Nikko.